Hypersensibilité : quand le cerveau ressent « trop ».
En sophrothérapie, nous prenons le temps de comprendre votre histoire, vos blessures, vos schémas de pensée. Le fait de savoir que votre fonctionnement est lié à une sensibilité neurologique spécifique permet de sortir de la culpabilité et de l’autocritique.
L’éclairage des neurosciences
Longtemps perçue comme une fragilité ou une émotivité excessive, l’hypersensibilité est aujourd’hui reconnue comme une réalité neurologique. En tant que psychopraticienne, j’accueille souvent des personnes épuisées par l’intensité de leur monde intérieur. Pourtant, loin d’être un “défaut”, cette sensibilité accrue constitue un fonctionnement biologique singulier, que la sophrologie permet de canaliser et de sublimer.
Le cerveau hypersensible : une biologie du trop plein
L’hypersensibilité, ou Sensibilité de Traitement Sensoriel (SPS), concerne près de 20% de la population. Les travaux d’Elaine Aron et de Bianca Acevedo en neuro-imagerie ont identifié trois grandes particularités du cerveau hypersensible :
- Hyper-réactivité de l’amygdale : véritable système d’alerte du cerveau, l’amygdale réagit plus vite et plus fort aux stimuli. Un bruit soudain, une lumière intense ou une remarque blessante activent un signal de menace plus puissant que chez la moyenne.
- Puissance des neurones miroirs : ces cellules de l’empathie s’activent davantage, expliquant cette capacité à « ressentir pour l’autre ». Vous ne percevez pas seulement les émotions : vous les vivez dans votre corps.
- Profondeur du traitement de l’information : le cortex préfrontal et l’insula analysent intensément chaque donnée, ce qui donne naissance à la célèbre « cogitation », cette pensée en arborescence difficile à stopper.
Les émotions : de la tempête à la maîtrise
Pour un hypersensible, une émotion n’est pas une idée, mais une décharge biochimique. Le cortisol et l’adrénaline envahissent l’organisme ; le retour au calme tarde. C’est là que la sophrologie devient un outil de régulation essentiel : elle apprend au système nerveux à désactiver le mode « alerte » et à restaurer la sécurité intérieure par le contrôle respiratoire, la visualisation positive et la détente neuromusculaire.
Note : être hypersensible, c’est comme avoir des capteurs en haute définition là où d’autres perçoivent en standard. Ce don, s’il est bien compris, devient une formidable intelligence intuitive.
La sophrologie : l’art d’affiner ses récepteurs
Si le cerveau hypersensible est une radio captant tout signal alentour, la sophrologie agit comme un réglage fin de la fréquence.
- Transformer l’hyper-empathie en intuition visionnaire : grâce aux exercices de bulle de protection, on différencie ce qui nous appartient de ce qui appartient à l’autre. L’empathie devient alors une intuition claire, un atout majeur pour le leadership et la création.
- Sublimer l’acuité sensorielle (l’esthésie) : à travers la Vivance, expérience consciente des sensations, le cerveau apprend à se focaliser sur la beauté plutôt que sur la surcharge.
Résultat : un émerveillement amplifié, source de créativité et de plaisir esthétique. - Canaliser la vitesse de traitement : les techniques de concentration et de présence immédiate permettent de cibler l’attention. L’objectif n’est pas de « ralentir » le mental, mais d’en orienter le flux vers ce qui compte vraiment.
Quatre canaux d’expression de l’hypersensibilité
- Sensoriel – Hyperesthésie : sons, lumières, textures, odeurs.
Le monde est perçu à volume augmenté. La sophrologie aide à réguler la réception sans éteindre la perception. - Émotionnel – Résonance empathique.
« Éponge émotionnelle », saturation médiatique, sens aigu de la justice : ici, le travail consiste à filtrer sans se couper. - Cognitif – Sur-analyse et quête de sens.
La sophrothérapie aide à canaliser la réflexion, à poser des limites mentales et à ancrer la pensée dans le corps. - Environnemental – Surcharge et besoin de retrait.
Apprendre à reconnaître les signaux de saturation et à s’accorder un repos réparateur devient un acte thérapeutique à part entière.
Les trois clés de l’équilibre hypersensible
- Temps de récupération : respecter la nécessité biologique du repos mental.
- Ancrage corporel : pratiquer la conscience du corps vivant pour calmer le mental.
- Filtration environnementale : choisir avec discernement les stimuli et les relations qui nourrissent.
« Le don ne s’active que lorsque le corps se sent en sécurité. La sophrologie construit cette sécurité ontologique qui permet enfin de déployer ses ailes sans craindre la tempête. »
Conclusion : devenir le pilote de votre sensibilité
L’objectif de mon accompagnement n’est pas de changer votre nature, mais de vous offrir le manuel d’utilisation de votre cerveau hypersensible.
En unifiant corps et esprit, la sophrologie et la sophrothérapie transforment une réactivité subie en intelligence émotionnelle maîtrisée.
Ainsi, votre hypersensibilité devient non plus un fardeau, mais un levier d’équilibre, de créativité et de puissance relationnelle.
Aurélie Favier – Sophrologue Psychopraticie
Accompagnement thérapeutique et développement du potentiel hypersensible.

