Parkinson et neurosciences : quand le cerveau perd son rythme
La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente après Alzheimer. Bien connue pour ses tremblements, elle touche en réalité bien plus que le mouvement : elle impacte aussi les émotions, l’humeur, le sommeil et les capacités cognitives.
Comprendre ce qui se joue dans le cerveau permet de mieux saisir l’intérêt des approches complémentaires comme la sophrothérapie.
Ce qui se passe dans le cerveau parkinsonien
Au cœur de la maladie se trouve la dégénérescence des neurones dopaminergiques de la substance noire (substantia nigra).
La dopamine, messager du mouvement
- Ce neurotransmetteur permet la communication entre la substance noire, le striatum et les autres structures impliquées dans la coordination des mouvements.
- Lorsque la dopamine chute, le « circuit moteur » s’enraye : c’est la triade classique de Parkinson (akinésie ou lenteur, rigidité, tremblements de repos).
Au-delà du moteur : l’atteinte globale
La maladie affecte aussi :
- Le système sérotoninergique : troubles de l’humeur, dépression.
- Le système nerveux autonome : fatigue, troubles du sommeil, dysrégulation interne.
- La neuroplasticité : malgré la lésion, le cerveau garde une capacité d’adaptation, ce qui ouvre la voie aux thérapies non médicamenteuses.
La sophrologie : une alliée complémentaire, pas un traitement miracle
La sophrologie ne guérit pas la maladie de Parkinson. En revanche, elle peut devenir un soutien précieux pour améliorer la qualité de vie et optimiser les ressources neurologiques encore présentes.
- GESTION DU TONUS ET DES TENSIONS
- Les exercices de relaxation dynamique aident le patient à repérer les zones de contraction inutile et à favoriser un relâchement progressif.
Résultat : une modulation de l’hypertonie, une meilleure souplesse, une fatigue musculaire moins écrasante.
- Les exercices de relaxation dynamique aident le patient à repérer les zones de contraction inutile et à favoriser un relâchement progressif.
- RÉAPPROPRIATION DU SCHÉMA CORPOREL
- La maladie peut donner l’impression que le corps devient étranger, imprévisible.
- Grâce à la Vivance (expérience vécue du corps), la sophrologie invite à revenir à des sensations positives : chaleur, poids, appuis, mouvement ralenti, mais conscient.
Résultat : le patient réapprend à habiter son corps, plutôt que de le subir.
- RÉGULATION DU STRESS ET DE L’ANXIÉTÉ
Le stress amplifie tremblements et blocages.
En activant le système parasympathique via la respiration contrôlée et la relaxation, la sophrologie aide à :- Diminuer l’hyperactivation émotionnelle.
- Mieux traverser les épisodes de « freezing » par des visualisations et des ancrages simples.
Des travaux sur la pleine conscience et la relaxation montrent une amélioration de la gestion de la douleur, de l’anxiété et du vécu de la maladie : la sophrologie s’inscrit dans cette même logique de soutien global.
Quand la sophrologie agit sur le cerveau : une alliance neuro-comportementale
Même si la sophrologie ne restaure pas les neurones dopaminergiques perdus, elle peut moduler l’activité cérébrale et renforcer les capacités d’adaptation du cerveau.
- APAISER LES CIRCUITS DU STRESS
- Diminution de l’hyper-réactivité de l’amygdale (centre de l’alerte et de la peur) grâce aux respirations profondes et aux relaxations guidées.
- Meilleure mobilisation du cortex préfrontal, impliqué dans la régulation des émotions, la prise de recul et la planification.
- Moins d’angoisse → symptômes moins exacerbés → plus de marge de manœuvre pour le patient.
- RENFORCER LA CONSCIENCE CORPORELLE
La sophrologie sollicite les aires somatosensorielles en focalisant l’attention sur les sensations (appuis, mouvement, température).- Cela améliore la perception du corps dans l’espace.
- Optimise la boucle sensori-motrice, en aidant le cerveau à mieux utiliser les informations sensorielles encore disponibles pour ajuster le geste.
- MOBILISER LA NEUROPLASTICITÉ
Par la répétition, le cerveau crée ou renforce des connexions alternatives. La sophrologie peut :- Encourager le recrutement de voies non dopaminergiques (sérotonine, noradrénaline) dans la gestion de l’humeur et du mouvement.
- Soutenir la motivation : un patient apaisé, qui ressent des effets positifs, est plus enclin à poursuivre les exercices physiques et cognitifs recommandés.
Du pilote automatique défaillant au mouvement conscient
Chez la personne saine, la marche et les gestes du quotidien sont gérés en « pilote automatique » par les ganglions de la base. Chez le patient parkinsonien, ce système automatique est altéré.
La sophrologie propose de basculer vers un mode de mouvement conscient :
- Imagerie motrice : visualiser un geste active des zones cérébrales proches de celles impliquées dans l’action réelle. Cela entretient les réseaux moteurs, même lorsque le corps est au ralenti.
- Stratégies pour le « freezing » : repérer les signaux de panique, poser un « stop », utiliser un geste d’ancrage et une respiration spécifique pour relancer l’initiative motrice.
Vers une neuro-rééducation humaniste
L’alliance entre neurosciences et sophrothérapie repose sur une idée simple : utiliser la plasticité du cerveau pour compenser, autant que possible, ce qui est perdu.
Cela passe par :
- Moins de lutte anxieuse, plus d’acceptation active.
- Un lien renforcé entre pensée (cognitif), ressenti (sensoriel) et action (moteur).
- Une place centrale donnée à la dignité, à l’autonomie et au vécu subjectif du patient.
Mon approche : un partenariat avec le corps médical
Ma pratique de sophrologue psychopraticienne s’inscrit en complémentarité des traitements médicamenteux et de la prise en charge neurologique.
Mon intention est de vous aider à :
- Comprendre ce qui se joue dans votre cerveau.
- Acquérir des outils concrets pour mieux vivre avec les symptômes au quotidien.
- Redevenir, pas à pas, acteur de votre trajectoire malgré la maladie.
Vous n’êtes pas réduit à votre diagnostic : en apprenant à dialoguer avec votre système nerveux, vous pouvez retrouver un espace de liberté, de présence et de dignité au cœur même du défi parkinsonien.
Aurélie Favier – Sophrologue Psychopraticienne
Accompagnement en sophrothérapie au service de la qualité de vie dans les maladies neurologiques.

