Comprendre les troubles du comportement alimentaire, c’est entrer dans un univers où le cerveau, les émotions et le corps se répondent en permanence, bien au‑delà de la « simple » question de nourriture.
Quand l’esprit et le cerveau se court‑circuitent.
Les troubles du comportement alimentaire (TCA), anorexie mentale, boulimie, hyperphagie boulimique, etc., ne sont pas de simples « problèmes de nourriture ». Ce sont des pathologies complexes où se mêlent rigidité de certains circuits neurologiques et souffrance psychique profonde.
L’approche pluridisciplinaire actuelle, qui associe neurosciences, psychologie et méthodes psycho‑corporelles comme la sophrologie et la sophrothérapie, ouvre aujourd’hui de nouvelles perspectives de soin et d’apaisement.
Le regard des neurosciences : un cerveau en alerte
Les TCA modifient la chimie et parfois la structure du cerveau : il ne s’agit pas d’un manque de volonté, mais d’un véritable « re‑câblage » cérébral.
- Circuit de la récompense : dans la boulimie, il est souvent hypersensible, ce qui pousse aux prises alimentaires impulsives ; dans l’anorexie, au contraire, le cerveau inhibe le plaisir lié à la nourriture, rendant le jeûne paradoxalement « gratifiant ».
- Sérotonine et dopamine : ces neuromédiateurs, impliqués dans la régulation de l’humeur et de l’anxiété, sont fréquemment déséquilibrés, alimentant un cercle vicieux de stress, de contrôle et de compulsions.
- Insula et intéroception : l’insula, zone qui permet de percevoir les signaux internes (faim, satiété, rythme cardiaque), fonctionne souvent de façon perturbée dans les TCA ; la personne « n’entend » plus correctement les besoins de son corps.
L’analyse psychologique : le poids des émotions
En psychologie, le TCA est souvent compris comme un mécanisme de défense face à un mal‑être profond. Le contrôle obsessionnel du poids et de l’alimentation devient alors une façon de gérer une faible estime de soi, des émotions envahissantes ou des vécus traumatiques.
- Quête de contrôle : lorsque l’environnement paraît chaotique ou imprévisible, le corps devient parfois le seul espace qui semble maîtrisable.
- Distorsion de l’image corporelle : la personne ne voit plus son corps tel qu’il est, mais tel qu’elle le redoute ; cette dysmorphophobie nourrit les restrictions ou les compulsions.
La sophrologie : réconcilier le corps et l’esprit
Là où les thérapies classiques explorent surtout le « pourquoi », la sophrologie s’intéresse au « comment » se sentir mieux ici et maintenant. Elle agit comme un pont entre les connaissances neuroscientifiques et le besoin d’un soutien psychologique concret.
- Redécouvrir ses sensations (intéroception) : par la respiration, la relaxation dynamique et des exercices de présence au corps, la sophrologie aide à se reconnecter aux signaux internes (faim, satiété, tension musculaire liée au stress).
- Apaiser le système nerveux : en diminuant le niveau de stress et en régulant le système nerveux autonome, elle permet de sortir du mode « survie » pour revenir à un état de présence plus serein.
- Transformer l’image de soi : grâce aux visualisations positives, la personne apprend à regarder son corps avec plus de neutralité puis de bienveillance, pour ne plus lutter contre lui mais cheminer avec lui.
Note importante : la sophrologie ne remplace jamais un suivi médical et psychothérapeutique ; elle intervient comme un accompagnement complémentaire précieux, notamment dans les TCA.
La sophrothérapie : quand le corps devient thérapeute
La sophrothérapie se distingue d’une sophrologie « bien‑être » par sa dimension explicitement thérapeutique et sa place dans le champ des thérapies brèves. Elle s’adresse notamment aux troubles psychiques ou psychosomatiques comme les TCA, les phobies ou les traumas.
Les fondements : corps et parole
Contrairement à une psychothérapie uniquement analytique, la sophrothérapie utilise le corps comme levier de transformation :
- Phénoménologie : le patient est invité à observer ses sensations « comme pour la première fois », sans jugement ni interprétation. On ne cherche pas d’abord pourquoi ça ne va pas, mais comment le mal‑être se manifeste dans le corps pour mieux le désamorcer.
- Dialogue post‑sophronique : après chaque pratique, un temps d’échange permet de mettre des mots sur ce qui a été vécu. C’est là que la prise de conscience s’intègre sur le plan psychique.
Le fonctionnement neuro‑physiologique
En répétant des états de conscience modifiés (niveau sophroliminal, entre veille et sommeil), la sophrothérapie mobilise la neuroplasticité : de nouveaux chemins neuronaux se créent, au service de comportements plus apaisés et plus ajustés.
Les grandes étapes d’un accompagnement
Un parcours en sophrothérapie se déroule en général en trois temps :
- Phase de libération : décharger les tensions et blocages émotionnels par la respiration, le relâchement musculaire et des exercices ciblés.
- Phase de construction : renforcer les ressources internes (confiance, estime de soi, ancrage, sécurité intérieure).
- Phase de transformation : projeter ces nouvelles capacités dans la vie quotidienne afin que la personne gagne en autonomie et en capacité d’autorégulation.
Pourquoi la sophrothérapie est pertinente pour les TCA ?
Dans le cadre des troubles alimentaires, la sophrothérapie agit comme une thérapie de réconciliation entre la tête et le corps.
- Restauration du schéma corporel
Le corps n’est plus un ennemi à contrôler, mais un espace habité de l’intérieur. La sophrothérapie permet de passer d’une perception extéroceptive (le corps vu et jugé) à une perception intéroceptive, vécue de l’intérieur. - Gestion du seuil de tolérance émotionnelle
Les crises boulimiques ou les restrictions sévères sont souvent des réponses à un débordement émotionnel. En travaillant sur la respiration et le tonus musculaire, la personne élargit sa « fenêtre de tolérance » émotionnelle et n’a plus besoin d’utiliser la nourriture comme unique régulateur. - Désactivation des automatismes par la futurisation
Les techniques de futurisation positive permettent de se projeter dans des situations concrètes (repas de famille, restaurant, collation…) en y associant calme, confiance et réussite. Le cerveau est ainsi « pré‑entraîné » à vivre ces moments sans être submergé par l’angoisse. - Rééquilibrage de la sensorialité
Les TCA s’accompagnent fréquemment d’une sorte d’anesthésie sensorielle : on ne goûte plus vraiment, on ingère ou on refuse. Les exercices de sensorialité en état de conscience modifiée réhabilitent un plaisir alimentaire plus sain, soutenant un rapport plus équilibré à la nourriture.
Synthèse : un pont vers la guérison
La sophrothérapie ne se contente pas d’apaiser les symptômes ; elle accompagne une véritable restructuration de l’identité corporelle et du rapport à soi. Là où la psychologie explore l’histoire et les traumatismes, et où les neurosciences éclairent les mécanismes, la sophrothérapie vient faire le lien vivant entre esprit et chair, entre réflexion et sensation.
La prise en charge des TCA nécessite une vision globale de la personne : son cerveau, son histoire et son ressenti corporel. C’est précisément à l’intersection de ces dimensions que se situe mon accompagnement.
Mon accompagnement en pratique
En tant que Sophrologue et Sophrothérapeute spécialisée dans les troubles anxieux et les TCA, je propose un accompagnement qui fait le lien entre compréhension clinique et expérience vécue.
Mon travail consiste à vous aider à :
- Désamorcer les mécanismes de l’anxiété qui alimentent les comportements restrictifs ou compulsifs.
- Réhabiter votre corps en douceur, pour qu’il ne soit plus un champ de bataille, mais un lieu de sécurité intérieure.
- Retrouver une autonomie émotionnelle afin que la nourriture ne soit plus votre seul moyen de gérer le stress ou la souffrance.
Chaque parcours est unique. Séance après séance, je vous transmets des outils concrets pour apaiser votre esprit, vous réconcilier avec votre image et reconstruire un lien plus juste, plus bienveillant entre votre tête et votre corps.
Aurélie Favier – Sophrologue & Sophrothérapeute
Spécialiste dans les troubles anxieux et les TCA

